Mi-ange mi-démon
26 Juin 2017
Un grand corbeau coloré de jais,
Habillait gratis ses congénères,
D'un humour qu'il avait plutôt gai,
Chaque jour de plus en plus prospère,
Il donnait le matin une audience,
Croassant de superbe façon,
Ecouté pour sa belle éloquence,
Ses paroles dignes de raison,
Le volatile avait auditoire,
Des pipelettes, nombreuses pies,
Jacassant au fil de ses histoires,
Et ses envolées de drôlerie,
Il habitait un logis curieux,
Perché sur une page du Net,
Plumes hérissées par sujets furieux,
Lui faisant pousser la chansonnette,
Il sévit toujours, je vous rassure,
Régalant du sel de son esprit,
Cet oiseau dit de mauvais augure,
Vous fera oublier vos soucis.
Line Noël
Un flamboyant renard écoutait grands discours,
Ses oreilles pointées vers le corbeau en verve,
Caché derrière le mur situé aux alentours,
Malgré que l'orateur précieux souvent l'énerve,
Le goupil était jeune, le regard séduisant,
Doté d'une silhouette élégante et musclée,
Embelli d'une queue au roux éblouissant,
Attirant toutes belles éprises du futé,
L'emplumé commençait à lasser le roublard,
Par journaliers palabres et propos sentencieux,
Son ton acidulé, son esprit goguenard,
Faisant s'ébouriffer du canidé la queue,
Un jour, il décida de rabaisser caquet,
Interrompant soudain long verbiage du Maître,
Devenu déconfit et tout-à-coup muet,
Lorsqu'il vit le renard devant lui apparaître,
Bonjour, Monsieur du Corbeau, lui dit le goupil,
Cessez donc de nous assommer de vos sornettes,
Vous n'êtes qu'un corvidé venu de la ville,
Qui ne sait même pas pousser la chance au Net,
Le corbeau sans retard rangea son bec crochu,
Jurant mais un peu tard contre museau pointu,
Le renard si finaud n'eut qu'à glapir sous cape,
Content que le vilain corbeau enfin s'échappe.
Line Noël